La campagne électorale fédérale en 11 pancartes

Quoi de neuf (et de laid) sur nos poteaux?

La bonne vieille pancarte électorale vit probablement ses derniers beaux jours. Non, ne pleurez pas, toute bonne chose a une fin, et ces choses non recyclables qui s’attachent à grands coups de tie wrap et polluent nos horizons vont bientôt devoir faire preuve de virtualité.

En attendant, profitons de la campagne fédérale, lancée le 15 août par un Justin Trudeau jovial, pour exercer un devoir citoyen essentiel qui consiste à traquer les erreurs et les fautes de goût.

J’aimerais d’abord dire qu’on n’a plus les pancartes boboches qu’on avait. Il fut un temps où l’amateurisme régnait en maître et où le trio photo floue + slogan fou + fautes d’orthographe régalait les passants. De nos jours, les candidats se font tirer le portrait par des professionnels, font relire chaque mot et respectent avec ferveur les gabarits fournis par le parti.

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S’intégrer à son nouveau pays ou préserver sa culture d’origine?

baguette

Telle est la question que devraient se poser tous les expatriés.

On s’en doute : la réponse est loin d’être triviale. Mais j’ai surtout remarqué de grosses différences d’approche d’un individu à l’autre.

UNE DÉMARCHE DE CHANGEMENT DE PAYS REPOSE SUR UN CONTINUUM D’INTÉGRATION QUI VA DE « NE RIEN CHANGER À SA VIE D’AVANT » À « OUBLIER COMPLÈTEMENT D’OÙ ON VIENT ».

Pour les besoins de l’étude, je partirais du seul cas que je connaisse vraiment, celui d’un Français ayant immigré au Québec. Et, plus précisément, celui d’un Parisien débarquant à Montréal. En gros, une démarche de changement de pays repose sur un continuum d’intégration qui va de « ne rien changer à sa vie d’avant » à « oublier complètement d’où on vient ».

D’un côté, ceux qui ne voient aucun avantage à s’adapter à leur nouveau contexte géoculturel, qui veulent leur baguette de la boulangerie du coin, leur espresso au comptoir, leur Côtes-du-Rhône sur la table, leur journal télévisé à 20h, et leur passeport tricolore. [Note : j’utilise le masculin pour alléger le… Nan ! C’est juste parce que je suis un putain de gros macho franchouillard.]

À l’autre extrémité du spectre se trouvent ceux qui ne veulent plus rien savoir de la France, qui se perçoivent soit comme des néo-Québécois, soit carrément comme des citoyens du Monde, libres et apatrides. Leur vie d’aujourd’hui se passe ici et ne ressemble en rien à celle qu’ils ont fuie. Leur réseau et leurs projets sont désormais nord-américains. Ou en forme de globe, mais pas d’hexagone.

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Comment je me suis fait réformer du service militaire

médaille

Quand l’appel de la Patrie reste sans réponse.

J’ai toujours fui les militaires. Probablement parce que j’aime les nuances, et que dans l’armée, on n’a que deux choix : être le salaud qui commande ou le crétin qui obéit. Bien sûr, les militaires sont le rempart qui nous protège en cas de guerre, les héros qui sauvent les démocraties menacées. Mais contre qui se battent les soldats ? Contre d’autres soldats. Match nul.

Je fuis les militaires parce que je suis le genre d’irresponsable qui prône le pacifisme, le genre d’emmerdeur qui veut comprendre plutôt qu’obéir.

PAS DE CHANCE, JE SUIS NÉ DANS UN PAYS ET À UNE ÉPOQUE OÙ LES JEUNES HOMMES DEVAIENT OBLIGATOIREMENT FAIRE LEUR SERVICE MILITAIRE.

Pas de chance, je suis né dans un pays et à une époque où les jeunes hommes devaient obligatoirement faire leur service militaire. Un an de jeunesse gâché à désapprendre la vie dans une colo sous-équipée. Une soumission constante à des douchebags qui hurlent des ordres et dont la mission n’est pas de restaurer la paix, mais de faire de ta vie un enfer. Ou, comme disent les anciens, de t’aider à « devenir un homme ».

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Sencha à la Une!

Alors que Sencha va fêter des 10 ans, elle s’offre un cadeau qui fera l’envie de ses congénères canins : un article dans Urbania!

Mireille et moi avons décidé de partager son histoire et les gens d’Urbania (allô, Barbara-Judith!) ont considéré qu’elle valait la peine d’être publiée dans la rubrique Portraits. Parlant de portrait, quand on ouvrait un onglet sur urbania.ca dans les minutes suivant la mise en ligne, on tombait sur un imposant plan serré sur les yeux de Sencha, une photo prise par son humaine préférée! (Voir ci-dessus)

J’espère que cette soudaine célébrité ne fera pas enfler sa tête, car ses proportions sont parfaites comme ça.

Bonne lecture!

Café Jazz

Si le confinement a peu changé ma façon de travailler, puisque j’étais déjà télétravailleur, il a modifié ma façon de faire de la musique. Finis, les gros jams de la St-Jean chez l’ami Jeff de Fabreville, finies les répétitions avec le groupe de funk que j’avais rejoint en 2019.

Poussé par l’envie de continuer à jouer, j’ai formé un groupe avec moi-même en filmant et en mixant des morceaux sans prétention dans mon sous-sol, parfois avec Mireille, parfois à distance avec Manon.

Je viens tout juste de relever un nouveau défi musical, aussi motivant que gratifiant.

Mon amie Carina Caputo, que je connais depuis plus de 10 ans, vient de lancer sa boîte de production, Zootrope Vidéo. Après m’avoir confié la création de son logo, elle m’a proposé une collaboration musicale. Elle m’a fait écouter The Coffee Song par Eydie Gormé, une chanson que je ne connaissais pas, mais qui rejoignait à la fois le goût vintage de Carina et mon amour du jazz.

Je me suis chargé d’adapter les arrangements et de jouer tous les instruments : grosse caisse, shaker, basse, guitare rythmique et lead, vibraphone numérique. Carina y a ensuite posé sa voix veloutée, avant de mixer le tout avec un peu d’aide.

Et il nous fallait un clip! Alors tout le monde a joué le jeu, à distance et avec les moyens du bord. Carina a beaucoup plus d’aisance et d’expérience que moi, grâce à son passé d’actrice. Ben oui, elle sait tout faire! Voici donc le résultat, n’hésitez pas à découvrir les autres productions de Carina et à l’encourager dans sa carrière naissante! Un autre café?

Hélène, ou comment ne pas parler d’art visuel

Olivia Erlanger, Mermaid Tail

Avec un peu de retard, j’ai visionné l’entrevue d’Hélène Boudreau à Tout le monde en parle.

Pour les touristes, je résume en une phrase ce que j’ai retenu de l’« affaire » : une étudiante en arts visuels pose à demi nue avec le logo de l’UQÀM, se fait poursuivre par l’université, suscite un mouvement de soutien, puis obtient plus ou moins gain de cause. Une anecdote qui, sans le côté crunchy, serait passée sous le radar.

Si je reviens là-dessus, c’est pour tout ce que cette histoire aurait pu être. Aurait être.

Dimanche soir, TLMEP et son million de fidèles ont frôlé l’abîme, sont passés à un poil pubien de se faire parler de l’ultime tabou : l’art visuel.

Quelle occasion manquée!

Imaginez une plasticienne défendant avec passion sa position contre une institution paternaliste (je suppose), ouvrant le débat, à une heure de grande écoute, sur l’art et la subversion, sur le féminisme militant, sur le libre choix des individus dans un régime capitaliste, sur l’inégalité de genre dans la nudité des corps, sur la frontière entre l’érotisme et la pornographie, sur la marginalisation hypocrite des travailleuses du sexe, sur les frais de scolarité exorbitants, sur la prostitution virtuelle, sur l’ouverture obscène de nos lieux d’apprentissage aux entreprises privées, sur le sens que porte un logo (mon sujet chouchou), sur ce que signifie d’être une jeune femme affranchie en 2021. Ajoutez à ces sujets ceux qui vous mettent en mouvement.

On peut toujours se bercer d’illusions, mais cette émission n’est pas le théâtre de ce débat rêvé, surtout depuis que le direct oblige les garde-fous à parer précipitamment à toute menace de dérapage.

Et puis, surtout, l’invitée n’était pas armée pour porter la parole d’une quelconque cause dépassant la circonférence de son aura de star du web payant. Sa cause était là, tout entière assise sur son tabouret.

N’est pas Louise Bourgeois qui veut. N’est pas non plus Frida Kahlo, Niki de Saint Phalle, les Guerilla Girls, Olympe de G., Judy Chicago, Miss Tic, Patti Smith, Nalini Malani, Nicky Marais, Joy Harjo et tant d’autres. Qui sont ces inconnues qui ne passent pas à la télé, vous demandez-vous? Et d’abord, sont-elles dûment diplômées de l’UQÀM et certifiées compétentes? Pour le savoir, il faudrait faire acte de curiosité, ouvrir nos yeux, explorer leurs œuvres, écouter leurs paroles et leurs silences.

S’intéresser au sens profond de l’art, pour une fois.

Parce que personne n’en parle.

Ma trilogie des enfants pressés

(comme des citrons)

Si le phénomène de l’anxiété de performance vous interpelle, principalement chez les jeunes, je vous propose une fausse trilogie documentaire particulièrement éclairante. Mireille et moi venons de nous l’offrir en rafale et c’était vraiment intéressant.

► Commençons par Les vrais perdants, un documentaire réalisé par André Melançon en 1978. On y suit quelques enfants et préados, des gens de mon âge, donc, poussés par leurs parents dans la pratique intensive de gymnastique, de piano ou de hockey. Pour « devenir quelqu’un ». En filigrane, c’est la volonté des parents de se réaliser à travers leur progéniture qui se dessine, et l’équation enfant inhibé/parent contrôlant/coach intransigeant est assez dérangeante. Melançon fait mine de ne rien diriger, mais le titre seul de son film en dit long sur son point de vue. À l’époque, Mireille-la-bonne-élève s’était beaucoup reconnue dans ces enfants, et elle avait hâte de le revoir avec ses yeux d’adulte.

► Ce serait tellement chouette de savoir ce que sont devenus ces enfants, me disais-je à haute voix. Ça tombe bien! Melançon les a retrouvés 30 ans plus tard et les a interrogés sur cette expérience, et leur vision de la vie! Le résultat : L’âge de passion, sorti en 2007. Mais 30 ans plus tard, c’est aussi 14 ans AVANT aujourd’hui. Et ces années-là comptent aussi.

► Finissons donc ce voyage en pleine actualité. Allô 2021. Voici La barre haute, un documentaire sans lien avoué avec les précédents, né du tournage du film de Ricardo Trogi, Le Guide de la famille parfaite. Le producteur, acteur et vedette Louis Morissette (non, je ne suis pas fan de cet individu) lance quelques pistes autour de la pression que la société, les parents, les pairs, les profs, mettent sur les jeunes pour qu’ils deviennent une version optimisée d’eux-mêmes par la pratique du sport ou de l’art. Sous l’apparente couche de pédopsychologie semi bienveillante, sommes-nous si loin des vrais perdants?

Sencha’s bro

Si je parle autant de ma chienne, c’est qu’elle fait partie de chaque minute de ma vie. J’ai raconté le premier test d’ADN que nous avons fait pour en savoir plus sur son ascendance, ainsi que le deuxième, plus fiable.

Ce deuxième test, de la compagnie Embark, s’accompagne d’un suivi génétique, d’informations ciblées et d’une communauté de propriétaires des chiens dont le résumé des informations génétiques apparaît. Ça n’a l’air de rien, mais ça signifie concrètement qu’on est informés en temps réel de tout chien partageant un bagage génétique avec le nôtre. Pour un bâtard au passé mystérieux comme Sencha, ça vaut de l’or!

Voilà que 18 mois après le résultat des tests et l’entrée dans ce réseau social canin, nous venons d’avoir le genre de nouvelle que nous espérions : Sencha a un frère!

Un beau gros mâle noir du nom de Casper, né en 2016, soit cinq ans après sa sœur. Et apparemment fruit des deux mêmes parents, ce qui est plutôt inattendu pour des chiens croisés! Comme Sencha, Casper est né dans la région de Montréal, mais il a été envoyé en Colombie-Britannique pour des raisons qui nous échappent encore – les maudites lois anti-pitbulls, peut-être? – et a été adopté par un jeune couple de Vancouver avec lequel nous avons entamé le dialogue.

Nous savons déjà que les deux individus partagent des traits communs, comme leur grande loyauté, la gourmandise, un talent certain pour le saut en hauteur, une obsession pour le beurre d’arachides… et des yeux de velours!

En revanche, Casper est plus grand, deux fois plus lourd. Il est très paresseux – alors que Sencha est hypervigilante – raffole des feuilles mortes et se montre moins vocal que sa grande sœur.

Non, nous n’avons pas acheté nos billets pour Vancouver, et les probabilités de retrouvailles sont faibles. Mais nous essaierons de garder le contact avec Cas’!

Voici quelques photos, histoire de comparer.

Les 20 meilleurs et pires logos de 2020

Pour finir en beauté cette année incongrue, j’ai décidé de napper mon traditionnel palmarès des logos de l’année d’une belle couche de bienveillance! On m’a parfois reproché un abus de sarcasme lorsque je dénonçais des identités visuelles mal pondues ou des images de marque ratées. Cette année, promis, tout ne sera que douceur et beauté. Calez-vous sur votre meilleur coussin et servez-vous votre déstressant préféré : ça va bien aller.

LES MEILLEURS

Dieu du Ciel!
Entamons la revue par une marque locale qui revient de loin en matière d’image. En plus de changer son logo, la brasserie artisanale Dieu du Ciel! a confié le design de chacune de ses bières à des illustrateurs québécois. À l’issue de deux ans de travail, hallelujah : le logo perd son angelot néobaroque et n’en garde que la trompette. Un nouveau souffle, quoi!

Mars 2020
Une planète (rouge), un mystérieux rover, un lointain objet céleste – la Terre! –, une typographie légendaire, créée au début de l’aventure spatiale américaine : il n’en faut pas plus pour réveiller le petit astronaute en chacun de nous! Grâce à cette collaboration entre la NASA et l’agence HOVS, conquérir Mars n’a jamais été aussi cool.

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Critique express : la saga Terminator

Ça y est, je suis à jour dans mes Terminator. Je vous résume ça.

Terminator 1 : Bon film d’action/science-fiction (surtout pour l’époque).
Terminator 2 : Bon film d’action/science-fiction (surtout pour l’époque).
Terminator 3 : Le film en trop.
Terminator 4 : Louable tentative d’essayer autre chose.
Terminator 5 : Le deuxième film en trop.
Terminator 6 : Le troisième film en trop.

J’ai vu le futur : il y aura d’autres films en trop. They’ll be back.