Ça fait longtemps que je veux écrire sur la façon dont les grandes marques de chaussures de sports brainwashent le public, et particulièrement les jeunes. Mais comme personne n’aime lire de longs articles bien documentés, j’ai résumé ça par ce petit visuel…
J’ai mis des années à me définir comme un travailleur autonome et j’arrive presque au point où mes années de pigiste équivalent à mes années de salarié.
Pourtant, sans que mes valeurs n’aient changé, je sens l’envie irrépressible de me joindre à nouveau à une entreprise à plein temps pour y retrouver ce qui me manque : une équipe qui me stimule et me remet en question, des projets de plus grande envergure, une structure qui compense mes lacunes (en prospection, négociation, rédaction de devis, facturation, relance), des partenaires à portée de main, une machine à espresso.
Pour mes clients chéris, j’honorerai mes mandats en cours et je resterai probablement un pigiste du week-end.
Alors c’est officiel : je cherche un emploi.
En direction artistique ou en direction de création. Avec du web, du mobile, de l’identité visuelle, du viral, de la communication visuelle. Avec un ou deux pieds dans la production. Si vous insistez, je peux même ajouter de la stratégie, de la conception-rédaction, des conférences et du blogage. Pas en pub. À Montréal. Équipe allumée souhaitée. Avantages sociaux un atout.
Engagez-vous : engagez-moi!
Presque en cachette, c’est-à-dire sans communiqué officiel, le géant de l’électronique et les télécommunications Motorola Inc. rafraîchit son logo.
Retour en arrière. Fondée en 1928 à Chicago sous le nom de Galvin Manufacturing Corporation, l’entreprise adopte en 1930 le nom très vintage de Motorola. Elle invente le walkie-talkie en 1941 et lance un poste de télévision grand public en 1950, entre autres choses.
Les premières versions du logo utilisent différentes formes de scriptes. En 1955, le graphiste renommé Morton Goldsholl repense la marque et donne naissance au M que nous connaissons tous et qui porte fièrement le surnom de «batwings» (ailes de chauve-souris). «Il doit pouvoir attirer l’attention du public – consommateurs, distributeurs, revendeurs, passants ou employés de la compagnie – [et] il doit posséder assez de force graphique pour durer», explique Goldsholl. Défi relevé. Ce M pointu et très daté s’inscrit dans la lignée futuriste de Calder. En 1967, un cercle est ajouté pour contenir ce symbole et, en 2001, le contour rond devient un disque plein sur lequel le M apparaît en inversé (clair sur foncé).
Mais jusque-là, la couleur ne fait de timides apparitions – souvent pour distinguer les sous-marques -, et la typographie utilisée est une variante massive et discutable de l’Helvetica grasse italique. Disons qu’il ne fait pas dans la subtilité.
En août 2011, alors que Motorola perd du terrain dans le marché hyper-compétitif de la téléphonie cellulaire, Google procède à son acquisition moyennant la coquette somme de 12,5 milliards de dollars. Comment survivre dans l’ère mobile avec un logo des années 50, c’est la question à laquelle tente de répondre cette nouvelle proposition graphique.
Il semble exister deux versions de ce nouveau logo : une avec un disque mauve et une avec un contour multicolore.
Premier constat : on a renoncé à se débarrasser de Batman des batwings. Le cercle aussi a survécu.
Deuxième constat : exception faite du premier constat, tout ce qui pouvait être changé l’a été, et la symbolique graphique opère un virage à 180 degrés.
C’est là que ça devient intéressant. Le logo Motorola traînait le lourd héritage des produits manufacturés et communiquait essentiellement la force, la solidité et la simplicité. Un symbole agressif, beaucoup de noir et un peu de rouge, une typo pataude dont l’inclinaison n’arrivait pas à compenser le caractère lourd et écrasé.
Mais pourquoi opérer un revirement stratégique complet? La réponse tient probablement dans le…
Troisième constat : Motorola est désormais une Google company.
Et il ne suffit pas de l’écrire bien lisiblement sous la marque : il faut que ça saute aux yeux! Alors le bureau de design – non crédité à ce jour – puise sans retenue dans tous les clichés du design numérique. Comme on ne peut pas arrondir le M, on en diminue le contraste. Le noir/rouge du disque laisse place soit à un mauve qui plaira aux hipsters, soit à une farandole de couleurs pastelles, quelque part entre Québec Solidaire et la fierté gaie! De son côté, la typo majuscule, noire, massive et inclinée laisse place à son parfait contraire : des lettres minuscules, grises, fines et verticales, remarquablement dépouillées malgré une très légère fantaisie sur le a. Et trois beau o presque ronds. Bref, on est tellement avancés dans l’élégance minimaliste et diaphane que le nom «motorola» semble n’avoir rien à faire là-dedans! En fait, même le logo Google paraît quasiment trop compliqué.
Cet avant/après est donc l’histoire accélérée d’une entreprise parmi tant d’autres qui passe du plastique graisseux à l’ère virtuelle en essayant de conserver son identité. Y parviendra-t-elle? Mon intuition me dit que la réponse appartient plus aux actionnaires qu’aux graphistes…
Je vous propose un petit jeu. Un vrai jeu, sans commanditaires ni récompenses.
1. Trouvez la maison de votre enfance sur Google Maps. Si vous avez vécu des déménagements, choisissez la maison où vous avez passé le plus de temps ou celle qui compte le plus pour vous.
2. Publiez le lien (petit pictogramme en haut, juste à gauche de l’image) ou une capture d’écran, en mode ‘‘street view’’.
3. Précisez l’adresse et l’époque à laquelle vous viviez là.
4. Racontez ce qui était différent, par rapport à la photo.
Nostalgie garantie!
150, boulevard Pereire, Paris, 17e arrondissement. 1er étage, sur la rue. La fenêtre qui est juste au-dessus du numéro 150 est celle de ma chambre d’enfant. Les deux suivantes sont celles de la salle à manger et la dernière, la chambre de mes parents.
J’y ai vécu 24 ans (1966-1990), de ma naissance à mon entrée dans la vie professionnelle. À cette époque…
- la rue était pavée et non asphaltée;
- la «zone de livraison» n’existait pas;
- la pierre de façade était sale;
- le resto avait un autre nom;
- la terrasse du resto était délimitée par des gros bacs à fleurs qui réduisaient de moitié la largeur du trottoir;
- l’auvent du resto n’était pas rétractable;
- la porte de l’immeuble n’était pas grise mais bordeaux;
- la borne de stationnement verte n’existait pas;
- le rideau métallique n’existait pas sous cette forme.
À vous!
Voilà qu’on a eu hier la confirmation d’une rumeur qui ressemblait à un canular : Radio-Canada s’appellera désormais ici.
La nouvelle a été accueillie avec un enthousiasme allant de l’incrédulité au sarcasme. Quoi, on chamboule tout sous prétexte de «faire jeune», tout ça avec nos taxes? Très honnêtement, je suis bien incapable de peser le pour et le contre de cette décision, n’ayant lu qu’un vague résumé à l’objectivité discutable. Mettons que ce qui n’évolue pas meurt et que l’évolution peut prendre bien des formes, dont certaines sont pires que la mort.
Ma première pensée a été pour un défunt hebdo montréalais gratuit intitulé ICI (voir photo). C’était à l’époque pas très ancienne où la gratuité n’était pas un tabou chez Quebecor et où ce bon vieux VOIR se faisait challenger par la concurrence. La marque Ici est donc passée à l’ennemi.
Gros exercice de branding, et qui dit branding dit logos. Vous me voyez venir.
En plus d’être un mot dans le dictionnaire, ICI est aussi un TLA (Three Letters Acronym), et, par conséquent, un nom adopté par des centaines de compagnies et d’organismes de par le monde.
J’ai donc fait l’exercice tout simple de googler ici logo. Du financier, du communautaire, de l’éducatif, du médical et de la manufacture, il y en a ici pour tous les goûts. Je ne m’attends pas à recevoir le mandat de concevoir le prochain logo de la société d’État, mais je soumets cette compilation à l’agence qui empochera le magot, à titre d’inspiration*.
* C’est une blague : ils sont presque tous moches!
En passant, j’avais écrit en 2007 un billet sur le logo de Radio-Canada et ses clones…
Mon cher Justin,
Que tu le veuilles ou non – et tu le veux en tabarnak – tu représentes l’espoir, dans le Canada de 2013.
Soyons clair : je ne crois pas une seule seconde à ta bullshit bilingue, Justin. Pas plus qu’à ton opération de séduction, à tes tentatives pour intéresser les pages people des magazines, à ton amour des animaux (morts), à tes sermons hollywoodiens. En fait, ton statut de Messie à la défense du libéralisme-pancanadien-serviteur-des-puissants ne correspond pas exactement au modèle dont l’humanité a besoin. Bref, tu n’as jamais été mon premier choix, et «clown» est le qualificatif qui me vient généralement en tête quand ta face bouclée envahit mon téléviseur.
Pourtant, un peu malgré toi, tu représentes l’espoir.
C’est qu’il y a de grandes chances que tu sois le prochain CEO chef du PLC. Après avoir essayé ton paternaliste papa, Turner la comète, Chrétien le plouc, Martin l’évadé fiscal, Dion le piteux et Ignatieff l’intello, tes camarades vont logiquement se payer un modèle tout neuf : le jeune premier.
Et quand tu seras assis sur ton trône paternel, tu seras la seule chance objective de déloger le gouvernement Harper aux prochaines élections.
Vois-tu, le gouvernement conservateur joue un jeu extrêmement lucratif à court terme mais intenable à long terme. Il réintroduit des valeurs poussiéreuses et toxiques, saccage l’environnement, abandonne Kyoto, couche avec le lobby pétrolier, subventionne les marchands d’armes, vend nos ressources à la Chine, évangélise le Canada, refuse le débat, muselle les scientifiques et les statisticiens, affame la culture, sabre dans l’information, bâillonne l’opposition, ouvre la porte au créationnisme, célèbre la monarchie anglaise, ignore les Premières Nations et méprise les chômeurs. Sans compter l’absolu mépris qu’il a du Québec, ayant fait la démonstration en 2011 qu’il pouvait être largement élu sans son appui.
Je te raconte tout ça, Justin, mais tu le sais déjà : ce sera probablement la colonne vertébrale de ta ligne de campagne. Tiens, rien qu’aujourd’hui, Harper nous fait encore honte en retirant notre plusse beau pays d’un projet qui concerne pourtant la survie du tiers-monde. On ne parle plus de valeurs divergentes ici, mais de survie des peuples, de sauvetage de la planète. Parce que, sous l’Honorable Harper, l’unifolié est une feuille morte.
J’ai interrogé des amis mieux informés que moi, ils m’ont confirmé que, hormis une révolution, il n’existe aucun moyen de destituer cet imposteur, gracieuseté de notre modèle de monarchie parlementaire à la con. Laissons voter les lobbies et fermons nos gueules en contemplant le naufrage. On est a mille milles de la démocratie, a.k.a. pouvoir du peuple.
Anyway, tu l’as toujours eu facile, dude. Physique avantageux, entré en politique dans les souliers de papa, vainqueur d’une course au leadership dont personne ne voulait… Ton karma se répètera : notre enfer quotidien sera le tapis rouge qui te mènera à la tête d’un pays.
Alors Justin, je n’irai pas jusqu’à voter pour toi, non, mais puisque tu seras probablement le prochain Premier Ministre du Canada sans mon aide, tu représentes l’espoir : celui de mettre un terme à l’horreur absolue pour revenir au statu quo habituel.
Les lendemains chantent faux, mais ils chantent tes louanges, mon cher Justin! Fais-en bon usage.












